Plongée dans une soirée de qualif’, pour la Coupe de la Ligue Slam de France

Paris a son équipe pour la Coupe de la Ligue Slam de France ! Avec Clo, notre reporter de choc, découvrez l’ambiance de la soirée des qualifications parisiennes, organisée au Downtown Café pour la Coupe de la Ligue Slam de France !

11 mai 2017 | Clo

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Le 24 avril, le collectif Kidikwa organisait son premier tournoi au Downtown Café, à Paris. Qui allait représenter l’équipe de la capitale pour la 7ème édition de la Coupe de la Ligue de Slam, rencontre annuelle du réseau national de la Ligue Slam de France ?

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Qui allait partir à Strasbourg et partager, avec 11 autres équipes (Reims, Poitiers, Rennes, Tours, Bordeaux, Melun, Strasbourg, Toulouse, Lyon, Vernou La Celle et Toulon) un weekend « ascensionnel » dans des ciels poétiques ? Un choix de trois poètes.ses, déterminé par les notes de cinq juré.es, membres varié.es d’un public venu en nombre au Downtown Café, en ce lundi printanier de fin d’avril.

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Suspense tout au long de la soirée. Pas de sondages douteux. Des choix difficiles, inévitablement. Des voix sans frontières et une banque de mots libres, des voix qui comptent, lâchées entre les murs du 46 de la rue Jean-Pierre Timbaud.

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Et des voix du cœur, réfléchies, posées sur une ardoise blanche. Ambiance des mots, démocratique, entre applaudissements, écoute attentive, cris et poésie.

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Pendant qu’en terrasse, les verres se remplissent et se vident, l’organisation s’active dans un coin du bar. 20h15, il manque encore quelques candidat.es pour commencer le tournoi.

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« La scène de sélection est ouverte à tous et toutes sans préinscriptions et sans privilège, toute personne, habituée ou non à fréquenter la scène doit être en mesure de participer. »

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20h45 environ, les choses sérieuses peuvent commencer. Madatao et L’Azraël, les deux animateurs, lancent officiellement la soirée !

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Les noms des 16 poètes et poétesses participant.es, inscrits sur des post-its oranges, occupent la casquette de la transparence. Les règles sont rappelées, le public, les chronos et les juges sont en place, la qualification commence, soutenue par les changements de lumière de la nuit qui tombe progressivement.

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Après les passages de calibrage de Bernard et de Skam, « notés pour du beurre dans les conditions du tournoi, » et leurs voyages dans différents registres amoureux, l’ordre de passage des poètes.ses candidat.es dépend de la pioche des « mains honnêtes, » appelées et recherchées par les animateurs de la scène dans toute la salle.

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De Jane à Diana H, en passant par Ecce, Dgiz, Alexis, Poupon Destroy, Ryan, Laurent, Jaafari, Dreano, SK, Fil de l’Air, Yass, Paloma, L’Insaisissable et Dareka, l’écoute est bienveillante et une ambiance chaleureuse accompagne mots, pensées, réflexions, histoires, voyages, chemins, engagements et hommages variés, racontés avec justesse et humanité.

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« Les poètes et poétesses peuvent traiter de n’importe quel sujet, dans n’importe quel style de poésie. »

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Imagination, humour noir, désillusions et libertés se mélangent dans un melting pot de vie et d’amour, passent du pessimisme à l’optimisme devant des yeux brillants, des têtes qui bougent et des mains qui récompensent d’applaudissements efforts et originalité, écriture et performances.

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L’amour est incontestablement là. Parfois dans les textes, souvent dans les voix, toujours dans les acclamations et dans les hommages explicites à Jean Luc Duez, dit Shakyamuni.

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« Le jury ne doit pas se laisser influencer par le public (…) Le public est fortement encouragé à essayer d’influencer les juges ! Le public doit faire savoir aux poètes et poétesses ce qu’il pense de leurs performances, et faire savoir au jury ce qu’il pense de leurs notes. »

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L’un des membres du jury évoque justement « la pression » ressentie en raison de ce rôle et ce sans « trop connaître le milieu », avant d’admettre avoir tout simplement fait « ce qu’il ressentait. »

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Et, ce qu’ils et elles ont ressenti, à 5, c’est que Jaafari (avec 28,60 points), l’Insaisissable (avec 28,80 points) et Fil de l’Air (avec 29 points) représenteront Kidikwa, le Downtown et Paris pour la Coupe de la Ligue de Slam de France les 26, 27 et 28 mai prochains.

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Ils seront coachés par Saba, pour qui cette « première scène de qualification au Downtown » a été « juste et tolérante, avec l’esprit d’équipe et la solidarité qu’on lui connaît. »

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Sourire aux lèvres, Fil de l’Air ajoute qu’elle fût « fraiche et sincère » avant de passer timidement devant l’objectif pour une photo de l’équipe au complet. « On s’est bien amusé.es, » affirme-t-il, plein de remerciements pour le jury, le public et tous les participant.es, mais aussi « très heureux de retourner à la Coupe de la Ligue Slam, » qui ne sera pas sa première.

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Quand on demande quelques mots de conclusion à l’Insaisissable, c’est « amour » qui vient très spontanément et qui se suffit à lui-même. Jaafari, après deux secondes de réflexion, évoque « des personnes, des mots, de l’amour. »

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A l’issue de la finale en équipe du championnat, « festival de tous les slams, » l’équipe gagnante recevra une médaille, la fameuse coupe, et pourra postuler à la French Slam connection «résidence à Chicago, sous la direction de Marc Smith, où l’accent sera mis sur le travail des poèmes collectifs ». D’autres coupes sont prévues pour les tournois individuel et junior.

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Un grand bravo à tous les participant.es !

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Pour plus d’information sur la Coupe de la Ligue Slam de France : https://www.coupeligueslamdefrance.com/

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& sur les soirées du Downtown Café, tous les lundis soirs à Paris :

http://www.kidikwa.com/les-soireacutees-du-downtown.html

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Photos : Clotilde Penet

 

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